EXPOSITION PRUNE NOURRYD
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Au fronton de son œuvre, dès 1905, Ferdinand Cheval inscrit cette formule aussi énigmatique que poétique : « Défense de rien toucher ». Une invitation paradoxale, oscillant entre interdiction et permission, à laquelle Prune Nourry répond aujourd’hui par une proposition résolument généreuse : une exposition entièrement pensée pour être touchée.
Avec Défense de rien toucher, l’artiste transforme le Palais idéal en un vaste terrain d’expérience sensorielle. Ici, le regard ne suffit plus ; il s’efface au profit du contact, du ressenti, de la mémoire des formes saisies par la paume. Accessible à toutes et tous, enfants, adultes, publics voyants ou déficients visuels, l’exposition s’affranchit des conventions muséales pour réactiver une relation directe et physique à l’œuvre.
Ce parti pris trouve une résonance profonde avec le geste fondateur de Ferdinand Cheval. Facteur rural devenu bâtisseur autodidacte, formé initialement comme boulanger, il a littéralement « pétri » son Palais. Partout, la trace de la main affleure : dans les reliefs, les aspérités, les accumulations patientes de matière. En invitant à toucher ses propres œuvres, Prune Nourry rend hommage à cette dimension tactile et organique du Palais idéal.
Présentée avec un grand succès à la Fondation Bullukian à Lyon, et avant le Musée Camille Claudel en 2027, l’exposition trouve ici une étape singulière dans son itinérance Empreintes. Déployée dans ce lieu hors norme, elle en épouse l’esprit et en prolonge les intuitions : un dialogue entre cultures, entre temporalités, entre imaginaires.